Mis à jour : octobre 2026
Vous touchez des dividendes d’actions du CAC 40 ou de sociétés étrangères ? Ce guide résume les règles qui s’appliquent en 2026 à un particulier fiscalement domicilié en France, sur un compte-titres ordinaire comme dans un PEA. Il s’appuie sur les textes de l’administration fiscale (impots.gouv.fr, BOFiP), de service-public.fr et de l’AMF.
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) : 31,4 % depuis 2026
Par défaut, les dividendes perçus sur un compte-titres ordinaire sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, souvent appelé « flat tax ». Il comprend deux parts :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu ;
- 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %).
Le taux global est donc de 31,4 % pour les dividendes perçus depuis le 1er janvier 2026. Jusqu’en 2025, il s’élevait à 30 % (12,8 % + 17,2 %) : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 1,4 point. Exemple : sur 1 000 € de dividendes bruts, le PFU représente 314 € et il reste 686 € nets.
L’option pour le barème progressif et l’abattement de 40 %
Au moment de la déclaration de revenus, vous pouvez renoncer au PFU et opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu (case 2OP). Cette option est globale : elle vaut pour l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année. En contrepartie, les dividendes de sociétés éligibles bénéficient d’un abattement de 40 %, et une partie de la CSG (6,8 %) devient déductible du revenu imposable de l’année suivante. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur le montant brut.
L’option est surtout intéressante pour les foyers dont la tranche marginale d’imposition est de 0 % ou 11 %. Avec une tranche à 11 %, 1 000 € de dividendes coûtent 66 € d’impôt (11 % de 600 €) plus 186 € de prélèvements sociaux, soit 252 € au lieu de 314 €. À partir de la tranche à 30 %, le PFU reste en général plus avantageux.
L’acompte de 12,8 % et la dispense
Lors du versement, votre banque prélève d’office 12,8 % (le prélèvement forfaitaire non libératoire) et les prélèvements sociaux. Ces 12,8 % ne sont qu’un acompte : ils s’imputent sur l’impôt sur le revenu dû l’année suivante, et l’excédent éventuel est remboursé.
Vous pouvez demander à être dispensé de cet acompte si le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou à 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune. La demande prend la forme d’une attestation sur l’honneur remise à la banque avant le 30 novembre de l’année qui précède le versement. La dispense ne concerne pas les prélèvements sociaux, qui restent retenus à la source.
Les dividendes dans un PEA
Le plan d’épargne en actions accueille les actions de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne (ou l’Espace économique européen) et soumises à l’impôt sur les sociétés, ce qui couvre la quasi-totalité du CAC 40. Les dividendes encaissés dans le plan ne sont pas imposés tant qu’ils restent investis. Le plafond de versement est de 150 000 € pour un PEA classique.
Après cinq ans, les retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux s’appliquent aux gains (18,6 % au taux général de 2026, des taux historiques pouvant s’appliquer à une partie des gains acquis avant 2018). Avant cinq ans, un retrait entraîne en principe la clôture du plan et l’imposition des gains au PFU, sauf exceptions (licenciement, invalidité, création d’entreprise…). Attention : la retenue à la source prélevée sur des dividendes étrangers ne peut pas être imputée dans un PEA et reste donc définitivement perdue.
Dividendes étrangers : retenue à la source et crédit d’impôt
Lorsqu’une société étrangère verse un dividende, son pays prélève en général une retenue à la source. La convention fiscale conclue avec la France plafonne souvent cette retenue à 15 %. En France, le dividende est ensuite imposé comme un dividende français (PFU ou barème), mais vous bénéficiez d’un crédit d’impôt égal à la retenue prévue par la convention. Ce crédit s’impute sur l’impôt sur le revenu dû sur ces dividendes, dans la limite de cet impôt ; il ne réduit pas les prélèvements sociaux. Si l’État étranger a retenu davantage que le taux conventionnel, la différence doit être réclamée auprès de son administration fiscale.
- Allemagne : retenue de 26,375 % (25 % d’impôt sur les revenus du capital et 5,5 % de contribution de solidarité sur ce montant). La convention limite l’impôt allemand à 15 % : les 11,375 points restants se réclament auprès du Bundeszentralamt für Steuern.
- Suisse : impôt anticipé de 35 %. Avec la convention franco-suisse, 15 % restent acquis à la Suisse et 20 points peuvent être remboursés par l’Administration fédérale des contributions.
- Pays-Bas : retenue de 15 %, égale au taux conventionnel. Elle concerne aussi des valeurs du CAC 40 de droit néerlandais comme Airbus, Stellantis, STMicroelectronics ou Euronext.
La prime de fidélité (dividende majoré)
Le Code de commerce (article L. 232-14) permet aux sociétés de verser un dividende majoré, dans la limite de 10 %, aux actionnaires qui détiennent leurs titres au nominatif depuis au moins deux ans à la clôture de l’exercice. La majoration ne peut porter, pour un même actionnaire, sur plus de 0,5 % du capital. Plusieurs valeurs du CAC 40 la pratiquent, notamment Air Liquide, L’Oréal et Engie. Elle est imposée comme le dividende ordinaire.
Date de détachement, record date et date de paiement
Trois dates comptent pour chaque dividende :
- Date de détachement (ex-date) : à l’ouverture de la séance, l’action cote sans le droit au dividende. Pour le percevoir, il faut avoir acheté le titre au plus tard la veille. Le cours baisse en général mécaniquement du montant du coupon ce jour-là.
- Date d’enregistrement (record date) : le dépositaire central arrête les positions des ayants droit. Sur Euronext Paris, avec le règlement-livraison à J+2, elle tombe en règle générale le jour de bourse suivant le détachement.
- Date de paiement : le dividende est crédité, en règle générale deux jours de bourse après le détachement.
Ces écarts sont une convention de marché : chaque société publie ses propres dates dans ses communiqués et son avis de convocation. À partir du 11 octobre 2027, le règlement-livraison passera à J+1 dans l’Union européenne (règlement (UE) 2025/2075), ce qui rapprochera la record date de la date de détachement.
À retenir
- Compte-titres : PFU de 31,4 % par défaut depuis 2026, option possible pour le barème avec abattement de 40 %.
- Le prélèvement de 12,8 % à la source est un acompte ; dispense à demander avant le 30 novembre.
- PEA : pas d’impôt sur le revenu après cinq ans, seulement les prélèvements sociaux.
- Dividendes étrangers : crédit d’impôt au taux conventionnel, l’excédent de retenue se réclame à l’étranger.
- Pour toucher un dividende, il faut détenir l’action à la clôture de la veille du détachement.
Les dates de détachement et de paiement de chaque valeur figurent dans notre calendrier des dividendes du CAC 40 et sur les pages consacrées à chaque action.
Ce guide présente des règles générales et ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement. Votre situation personnelle peut appeler un traitement différent ; en cas de doute, consultez votre centre des finances publiques ou un conseiller.
Sources : impots.gouv.fr – Les revenus mobiliers · BOFiP – BOI-RPPM-RCM-30-20-10 · service-public.fr – Plan d’épargne en actions · service-public.fr – Prélèvements sociaux · Code de commerce, art. L. 232-14 · AMF – Le règlement-livraison à T+1 · Euronext.